Historique

 

Le Cognac est né sous trois bonnes étoiles : le sel, la pauvreté et la terre. Le client a fait la quatrième.  

 

Au temps de la domination romaine, c’est une région réputée pour ses blés, qui voit rapidement se développer deux débouchés : le sel et le vin qui apparaît avec la vigne vers le IIIième siècle. C’est l’Empereur PROBUS qui étend le privilège de la culture de la vigne à la Gaule, où elle était jusque-là interdite par les prêtres Celtes.

 

 

Dès les premiers siècles de notre ère les Charentes auront une vocation de commerce. Au Xième siècle, les anglais, les normands, les norvégiens et les flamands viennent sur la côte Charentaise afin de charger du sel.

 

Durant toute cette période les rois d’Angleterre s’approvisionnent en vins des Charentes.

 

Le vignoble est alors composé de deux cépages principaux : le chemère, qui deviendra le pinot blanc de la Loire et le chauché qui sera le pinot rouge.

 

Dans la région de Cognac, on produisait du vin blanc pétillant et parfumé à partir du colombard.

 

Jusqu’au XVIIième siècle, le commerce est florissant ; on boit de ce vin dans les tavernes de Londres, en Flandres, en Norvège, en Suède, au nord de l’ Allemagne et de la Pologne.

 

Curieusement, et bien que la distillation, à cette époque ait été connue on ne distillait pas en Charentes.

 

Il faudra le déclin brutal des ventes du vin pour qu’elle se généralise, en quelques dizaines d’années. La qualité avait –elle baissée ? Les cépages s’étaient -ils dégradés ? Il semble qu’au XVIIième siècle le vin de la région de Cognac n’ait pas supporté les transports par la mer. Le goût des consommateurs s’était–il affiné ? Il n’est pas impossible qu’ils aient à ce moment-là préféré les vins de Bordeaux, plus forts et qui supportaient mieux les voyages.

 
  En 1620, la pauvreté, mère d’ingéniosité et de gastronomie, intervient : « Brûlez, dit–elle tout ce vin que vous ne sauriez vendre. » Ce qui développa la distillation en Charentes.

 

Le mot Cognac n’est prononcé pour la première fois qu’en 1725. Le coup de pouce qui ouvrira à ce breuvage les portes des salons lui viendra encore de mère Pauvreté lors de la crise de 1780 : « Les tonneaux coûtent plus chers que l’eau de vie, va–t-on la jeter aux ruisseaux ? Tenez bon , dit la pauvreté, et vous aurez des Cognacs qui chantent !» Elle venait d’inventer le vieillissement.

 

Reconnu, réputé, le Cognac aurait ensuite traversé les siècles sans histoires s’il n’avait pas subi le contrecoup de l’épreuve du phylloxéra. En dix années les 300 000 hectares de vignoble sont anéantis. C’est en 1887, qu’une mission de recherche découvrit aux Etats Unis un plant de vigne résistant au phylloxéra.

 

Très vite le vignoble se reconstitue. A la veille de la grande guerre il a retrouvé une superficie de 50 000 hectares. Les années de phylloxera après quelque 10 siècles d’aisance auront été un choc déterminant pour la région. Beaucoup de paysans privés de leur gagne-pain ont alors converti leur vigne en prairie et ont su tirer du sol d’autres produits de qualité : le lait et le Beurre des Charentes.

 

Le déferlement des eaux de vie de grain, whisky, gin et vodka sur les marchés internationaux furent fatal à de nombreuses maisons. Il ne reste plus que 12% des terres cultivables qui sont consacrées au vignoble destinés à la production de Cognac. Le cépage principal est aujourd’hui l’Ugni Blanc qui a succédé à la Folle Blanche un peu trop fragile. A ce jour la région des charentes dénombre 8500 vignerons pour une surface de77831 ha consacrée au Cognac.

 

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